agrophilosophie

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Objet du blog

Ethique, histoire, épistélomologie de l'agronomie en annexe du site de l'agronome philosophe

HISTO 3. Agronomie coloniale latino-américaine

agrophilosophiePosted by opdecamp 31 Dec, 2013 15:32

Préambule: "Gracias a" Carlos Francisco Roca Florido pour le texte et les informations communiquées ci-dessous. Son profil professionnel est dans le réseau LinkedIn.

A l'arrivée des Espagnols en Amérique, les aborigènes cultivaient principalement du maïs, des haricots, de l’igname, des pommes de terre, du cacao, du tabac, du coton, des plantes fruitières et médicinales. D’après Gálvez, L. (1986), cité par Rojas, les suites des révolutions scientifiques des XVIe et XVIIe siècles en Europe se manifestèrent dans les colonies espagnoles au XVIIIe siècle. Leurs effets furent appuyés par la bourgeoisie métisse, intéressée à développer l'agriculture et en particulier l'industrie sucrière, notamment en Amérique Centrale. L'Espagne compte déjà une agriculture importante, enrichie par des connaissances héritées des Romains, des Arabes et de pays de l'Europe Centrale. Dans le Nouveau Monde se menaient des recherches d'agronomes comme Columena, Abú Zacaría Hahía et Gabriel Alonso de Herrera . Ce dernier fait des études ecclésiastiques et agronomiques à l'Université d'Alcala de Henares et à l’Ecole San Cecilio de Grenade.

Le développement de l'agronomie en Amérique Latine s'est surtout produit après l'époque des conquistadors, au XVIIIe siècle. Il s'est déroulé de manière variable au sein des vice-royautés comme le Mexique en Amérique du Nord, la Grande Colombie, le Haut Pérou, jusqu'à celui du Rio de La Plata en Amérique du Sud.

Avec les bonnes pratiques de gestion du sol et les excellents systèmes d'irrigation, les Espagnols promeuvent la culture du blé, de l'orge, de l'avoine, de la vigne, de l'olivier, des légumes, du lin, du safran, de la canne à sucre, du riz, du coton et des arbres fruitiers; en même temps, ils développent l’élevage extensif des bovins, des chevaux, des ovins, des cochons, des chèvres et des oiseaux. Ils créent des pépinières et intensifient les cultures dans les monastères en établissant des fermes expérimentales, une autre façon pour l’Espagne de coloniser le nouveau monde.

Les Espagnols bénéficient des connaissances d'hommes de science aborigène comme l'agronome inca Urión qui a rendu possible la culture de la pomme de terre dans la région du Cuzco, culture qui allait sauver l'Europe de la famine, la culture du riz des Andes ou le quinoa (Chenopodium quinoa). Il faut citer aussi le développement à une échelle commerciale du cacao quand en 1682 se réalise les premières exportations de ce produit au Nicaragua, à la Colombie, aux Antilles et en Espagne depuis le Costa Rica. De telle sorte que les colonisateurs agronomes de l’époque se sont rendu compte de l'apport mutuel qui pouvait se développer entre les deux mondes notamment pour l'amélioration de leur économie et pour l'atténuation des famines qui avaient marquées le Moyen-Age en Europe.

Dans le domaine de l'enseignement agricole, il y a eu des initiatives importantes comme l'établissement des Écoles d'Agriculture dotées souvent de champs d’expérimentation. L'objectif était d’abord la formation des experts agricoles et par la suite des ingénieurs agronomes dans les territoires colonisés.

Les constants déplacements de spécialistes et d'intellectuels aux États-Unis d'Amérique, en France, en Belgique, en Suisse, en Allemagne et en l'Angleterre ont poussé à la création d'Écoles Nationales d'Agriculture et d'Arts et Métiers. Il est aussi important d'évoquer que dans certaines colonies, la formation agricole s’est imposée dans les enseignements primaires et secondaires.

Ce n'est qu'après l'indépendance que se sont crées les principales écoles supérieures:
- en 1854, l'Ecole d'Agriculture de Chapingo au Mexique;
- en 1882, la Faculté d'Agronomie de la Plata en Argentine;
- en 1883, l'École Nationale Agricole du Costa Rica;
- en 1877, la Faculté d'Agronomie de Bahia et en 1883 celle de Pelotas au Brésil.
- en 1902, l'École d'Agronomie de la Havane à Cuba;
- en 1902 également,t l'Ecole Nationale d'Agriculture de La Molina au Pérou;
- en 1906, la Faculté d'Agronomie de l'Université de la République en Uruguay;
- en 1911, la Faculté d'Agronomie de l'Université Nationale de Medellín en Colombie;
- et en 1924, l’Ecole d’Agriculture de l'Université en Haïti.

Les grands thèmes développés à l'époque sont les suivants:
- l'étude et l'acclimatation des cultures venues du vieux monde comme la canne à sucre, le riz et le coton, qui se sont surtout développées dans les zones côtières et les vallées andines;
- l'étude des principales cultures locales développés notamment dans les Andes comme la pomme de terre, la patate douce, la tomate et le quinoa;
- l’adaptation des cultures aux différents zones écologiques, notamment la pomme de terre, le maïs et des arbres fruitiers;
- les maladies des plantes;
- L’amélioration génétique des cultures (une sorte de sélection de masse) notamment pour la culture du maïs

Bibliographie:

Carballo Miryam, Medina Norma, Morales Mayda, La Enseñanza de la Agronomía en Cuba. Periodo Colonial. PDF

López Piñero, J. M.; 1979. Ciencia y técnica en la sociedad española de los siglos XVI y XVII. Barcelona: Labor Universitaría: 511 p.

Organización de Estados Iberoamericanos, 1993. Revista Iberoamericana de Educación. Estado y Educación en América Latina (siglos XIX y XX)

Rojas Alvaro, E.; 1997, Revista Agroindustria v25 (176) p 31-38.



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