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Le climat fragile de la modernité

ModernitéPosted by opdecamp Wed, January 20, 2016 10:53:09

Inspiré de FRESSOZ et LOCHER (2010)

Le XVIIIe est le siècle des lumières et marque l'avènement de la modernité. Le climat s'y perçoit progressivement comme un phénomène complexe d'interactions de processus naturels et anthropiques tels que "précipitations, pressions, vents, émanations, topographie, sols, eaux, végétation, lumière, électricité, fumées, etc.". La transformation humaine du climat est admise principalement via l'exploitation forestière et agricole. Elle est d'abord jugée bénéfique avant la révolution française de 1789. Après par contre, à chaque accident météorologique les paysans sont désignés comme coupables d'avoir défriché de "nobles futaies".

Au XIXe siècle la révolution industrielle et l'impérialisme colonial promeuvent les nouvelles disciplines d'hygiène et de médecine légale. Ces dernières considèrent alors la planète comme "un espace médical isomorphe transformé par des gestions environnementales contrastées". Les ouvriers des usines et les habitants des colonies d'Orient ou d'Afrique en portent les stigmates.

Vernois, « La main industrielle », Annales d’hygiène publique et de médecine légale, 1862, vol. 17." (Source: FRESSOZ et LOCHER, 2010, op. cit.)

Toutefois, l’idée d’une transformation anthropique des climats recule définitivement vers la fin du XIXe. En premier lieu, la "révolution pasteurienne" désigne des coupables microscopiques précis à certaines étiologies. Ensuite, le traitement de nombreuses données permet la caractérisation des régions climatiques. De même, les progrès de l'astronomie et de la géophysique expliquent la dynamique des pulsations climatiques et des glaciations par les trajectoires orbitales et la variation des tâches solaires (cycles de Milankovitch). Enfin, l'émergence de la sociologie permet de distinguer les déterminismes naturels de ceux des sociétés humaines. Une déconnexion s'opère scientifiquement entre le climat et l'agir humain.

Milutin Milankovitch, climatologue, astronome et géophysicien serbe (Source: <Wikipédia>)

Une transition vers une post-modernité anti-humaniste s'opère durant la seconde moitié du XXe siècle. Elle établit une nouvelle connexion entre l'humanité et son environnement en général et avec le climat en particulier. La planète devient une sorte de "super-organisme vivant" appelé Gaiä et que l'humanité contamine. Tandis que la théorie du réchauffement climatique anthropique est soutenue par le GIEC (Groupe Intergouvernemental d'Experts du Climat), par la plupart des médias et par les mouvements écologistes ou les économistes néo-malthusiens. La révolution industrielle moderne et les progrès scientifiques ayant permis une forte croissance démographique de l'humanité sont ainsi fondamentalement remis en cause.

Référence citée.

FRESSOZ Jean-Baptiste et Fabien LOCHER; 2010. Le climat fragile de la modernité. Petite histoire climatique de la réflexivité environnementale. La vie des idées. <http://www.laviedesidees.fr/Le-climat-fragile-de-la-modernite.html>






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