Notes d'épistémologie

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Objet de ce blog

Mémos et réflexions épistémologiques en annexe du site de l'agronome philosophe.

Mémo 3. Platon et Aristote

EpistémologiePosted by opdecamp 19 Aug, 2013 19:24:59

Les citations en italiques sont empruntées de DROIT (1) et de BERNHARDT (2).

L'allégorie de la caverne de Platon consiste en une perception de la réalité réduite à des sensations. Les hommes sont enfermés dans une caverne où ils ne percevraient que des sensations, des formes projetées de la réalité sur la paroi de la caverne. La réalité leur est inconnue car elle est extérieure et consiste en celui du monde des idées, celui des philosophes. PLATON étant géomètre, le monde réel est composé de formes-source, d'abstractions des formes perçues comme sensations dans la vie de tous les jours. Ainsi du carré qui est une idée-forme immuable, "tandis que les choses concrètes s'usent, s'oxydent, s'écornent, se défont, se transforment..." Il ne faut pas "nous occuper de savoir si ce carré est en tissu ou en bois, en métal ou en cuir, s'il est bleu ou rouge, s'il est dessiné sur le sable ou sur la cire". Le monde réel est donc abstrait et le monde concret dans lequel nous vivons dans la vie courante n'en est qu'un reflet. "Toutefois, il est interdit au philosophe de se réfugier dans le monde des idées ... le philosophe doit redescendre dans la caverne , tenter de détacher ses anciens compagnons d'ignorance".

PLATON développe aussi une vision politique (La République) de la science: "rendre la société conforme à l'ordre du monde des idées. Une science est nécessaire pour organiser la société, la connaissance de la vérité permet d'agir sur l'histoire humaine de manière décisive". PLATON comme géomètre, serait ainsi une sorte de scientiste avant la lettre.

ARISTOTE ne croit pas que les vérités et les connaissances seraient imperceptibles dans le monde concret des sensations. Il rejette l'idée de PLATON des clés de la connaissance situées dans un "arrière-monde". C'est dans le monde de tous les jours, celui des sensations, que se trouvent ces clés par l'observation de la réalité dans sa mouvance et sa diversité. C'est "en ce monde-ci et non dans la fiction d'un second monde distinct du monde sensible" que se trace "la droite voie de la véritable philosophie des Idées". Mais ARISTODE rejoint PLATON "en définissant la science comme la connaissance vraie et certaine dont la parfaite stabilité doit s'opposer aux fluctuations de l'expérience immédiate et des opinions". ARISTODE accepte toutefois "la certitude approchée, à défaut de l'exactitude absolue". Il accepte une "rigueur relative", "il ne saurait y avoir de certitude mathématique: une anomalie est toujours envisageable." Les principes doivent s'adapter "aux circonstances et aux variations locales." La connaissance et la quête de vérité n'échappent donc pas à des ajustements progressifs, ce qui constitue donc une démarche de type empirico-déductive.

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(1) Roger-Pol DROIT. Une brève histoire de la philosophie. Flammarion, 2008.

(2) Jean BERNHARDT. Aristode. In: La Philosophie de Platon à St Thomas. Sous la direction de François Châtelet. Marabout, 1979.

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